18h30 — CONFERENCE : Alvin Lucier et l’écoute des conditions de l’écoute
Partant de l'analyse d'une œuvre de jeunesse méconnue d'Alvin Lucier (Elegy for Albert Anastasia, 1962-65), Matthieu Saladin s'intéressera dans cette intervention à la phénoménologie de l'inaudible qui parcourt l'ensemble du travail du compositeur. Il montrera que, dans chacune des expérimentations qui jalonnent son œuvre, la recherche de Lucier consiste à rendre sensible aux auditrices et auditeurs de ses performances, installations ou disques, l'inaudible qui conditionne tout ce que nous entendons au quotidien. L'inaudible intervient chez Lucier, non pas par un quelconque fétichisme d'un royaume sonore se refusant à la perception humaine immédiate, mais pour manifester à l'écoute ses propres conditions de possibilité, ce qui l'oriente et la conduit. Éloigné d'une certaine conception du son comme objet, l'inaudible apparaît ici davantage comme le mode discret d'agissement des phénomènes sonores, ce qui agit et se transforme sans qu'on le perçoive directement ou que l'on y prête attention.
Par Matthieu Saladin (Université Paris I)